À l’échelle du continent, 2011 s’achève sur un bilan mitigé en matière de paix et de sécurité. À l’évidence, soulignons que l’Afrique reste malgré tout, une des régions crisogènes de la planète. Un état des lieux qui revient comme une antienne sur fond des menaces émergentes ou crises géopolitiques post-Guerre froide (la multiplication des conflits ethniques par exemple). Ce, en dépit des efforts méritoires consentis tant par les leaders locaux que de la Communauté mondiale lato sensu (démocratie cosmopolite). Comme à l’image des actions “Nation Building” menées dans la région des Grands Lacs, dans la Corne de l’Afrique (Somalie), Soudan du Sud depuis l’accession de cette jeune Nation le 9 juillet 2011 à la souveraineté internationale. Ce dernier a des défis majeurs à relever (cas de la stabilité).
Dans ce contexte on notera cependant qu’au cours de l’année considérée, quelques lueurs d’espoir sont venues de l’extérieur. Parmi les trois lauréates du prix Nobel de la paix en 2011, deux sont d’origine africaine, dont la Présidente du Liberia, Madame Ellen Johnson Sirleaf. La visite du Pape Benoît XVI au Benin, où il a livré un message de conciliation à l’adresse des Africains. Enfin, la tournée effectuée au Botswana, Zambie et Ethiopie par l’ancien Président américain, Monsieur Georges W. Bush Junior, motivée par les activités de sa Fondation qui sont orientées dans la lutte contre la pandémie du Sida. Faut-il rappeler à propos que, c’est sous son Administration que d’importants crédits avaient été accordés à l’Afrique pour endiguer le fléau du Sida. Quant à l’intérieur des frontières du continent, le seul point positif qu’on a déjà signalé, est l’indépendance proclamée dans la douleur du Soudan Sud, qui est devenu le 54ème État de l’Union africaine et 193e Membre des Nations unies.
Ce faisant, le “Printemps Arabe”, dont l’origine se trouve en Afrique et, plus particulièrement au Maghreb (Tunisie), constitue une nouvelle donne. Un état de fait qui a surpris plus d’un observateur. Alors que la lutte contre le terrorisme et autres nouvelles menaces occupent le devant de la scène, pratiquement depuis la fin du système bipolaire, par contre, les préoccupations des populations (surtout des Jeunes) qui aspirent à la liberté et aux conditions de vie minimales sont escamotées.
Sans pour autant prétendre apporter des solutions toutes faites face à ce chaos qui risque de se profiler à l’horizon à travers le continent africain (effet contagion). Pour y remédier, en ce début de l’AN 2012, il faudrait impérieusement faire appel “aux valeurs politiques internes à une démocratie, à la culture du compromis qui caractérise une vie politique interne” et non l’utilisation de la force militaire ou la répression. En d’autres termes, promouvoir la théorie de la paix démocratique qui favorise in fine: le respect de la liberté et de droits des citoyens, et le règlement pacifique des conflits intérieurs. Du fait que l’aggravation de l’instabilité politico-militaire contemporaine en Afrique a pour résultante: le déficit démocratique et la misère économique.
Meilleurs vœux à tous
NZE EKOME Medard
© 2010 CAPRC / Centre Africain pour la Prévention et la Résolution des Conflits
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