Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé les pays d'Afrique centrale à ratifier la Convention de l'Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, dite la convention de Kinshasa, en vue de promouvoir la paix et la stabilité dans la région.
"Je vous exhorte à confirmer vos engagements, pris en 2001, en prenant les dispositions nécessaires en vue de ratifier la Convention de Kinshasa, lui permettant ainsi d'entrer en vigueur dans les plus brefs délais", a affirmé le chef de l'ONU dans un message adressé à la 32è Réunion ministérielle du Comité consultatif permanent de l'ONU chargé des questions de sécurité en Afrique centrale, qui s'est tenue à Sao-Tomé.
"Je vous encourage à faire cesser la violence armée, à mettre un terme aux flux trans-frontaliers d'armes illicites, et à lutter contre le pillage et le trafic des matières premières", a-t-il dit.
Le chef de l'ONU a également relevé qu'en dépit des progrès enregistrés ces derniers mois en matière de sécurité en Afrique centrale, des actes de violence armée contribuent à maintenir un climat d'insécurité dans certaines zones de la sous-région.
A cet égard, M.Ban a condamné les violences contre des populations civiles en Afrique centrale, notamment dans la région du Kivu en République démocratique du Congo (RDC).
"Je suis également inquiet de voir les actes de piraterie maritime perpétrés au large des côtes du Cameroun et de la Guinée équatoriale", a-t-il conclu.
Le Comité consultatif permanent, dont l'objectif est de promouvoir la paix et la sécurité en Afrique centrale par le biais de mesures de confiance, notamment dans les domaines du désarmement et du contrôle des armes, a été créé en fin mai 1992.
Le Comité est composé des 11 membres à savoir l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la RDC, le Congo, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et le Tchad.
(© Copyright MAP/2011)
L’Afrique Centrale, une des Régions méconnue de l’Afrique caractérisée par l’absence de la démocratie, du développement, d’un trou noir dans la gouvernance, et des États mal assis. Thierry Vircoulon, Central Africa Project Director au International Crisis Group, retrace très bien la problématique de gestion des ressources naturelles dans cette Région du monde caractérisée par des rivalités inter-ethniques, la monopolisation du pouvoir et où l’accès aux ressources naturelles se fait avec grandes violences.
La majorité de ces pays comme le Congo, RD Congo, Rwanda, Burundi, Gabon, Cameroun, Tchad etc.. ont été découverts par les occidentaux pour l’exploitation des ressources naturelles principalement le caoutchouc, l’ivoire et les exploitations s’étaient déroulées avec grandes violences. International Crisis Group, une Organisation non Gouvernementale basée à Bruxelles en Belgique, retrace comment les colons, animés simplement par l’appât du gain, ont entretenus des rivalités inter ethnique jusqu’aujourd’hui. Dans ces pays, certains ethnies se considèrent supérieures à d’autres ethnies, par exemple, le kasaïens du Katanga, le Tutsi au Rwanda et au Burundi.
Les finances publiques de ces pays, dépendent à quatre-vingt-dix-neuf pour cent des ressources d’exportations brute ; caractérisés par une économie non diversifiée et où le secteur privé vient s’adosser. Ce qui fait des ces pays, des États rentiers.
Sur le plan politique, les indicateurs de gouvernance mettent l’ensemble de ces pays d’Afrique centrale en queue de peloton des autres pays. Le pouvoir est monopolisé par une seule ethnie et la distribution de la rente est faite par l’administration publique et non le secteur privé. C’est pour cette raison que la plupart des gens préfèrent travailler dans l’administration plutôt dans le secteur privé.
Comme souligne cette organisation active dans les préventions des conflits à travers le monde, la plupart des conflits existant dans cette région, sont basées essentiellement sur la rente opposant les gouvernements aux investisseurs étrangers. Et cette logique de conflits s’expliquent essentiellement par le contrôle de la rente notamment le coltan, diamant et or en Rd Congo, le pétrole au Congo, Tchad, République Centrafricaine où les avantages sociaux sont disproportionnés entre les pouvoirs et le reste de la composante de la societé comme la société civile, l’ opposition. C’est pour cette raison que les oppositions ont tant de mal à conquérir les pouvoir à travers l’alternance pacifique.
Dans ces pays, le développement est considéré comme des cadeaux présidentiels notamment les inaugurations ostentatoires des ponts, routes, Centres de santé, écoles par les présidents ou les hautes autorités de l’Etat. C’est la capacité de redistribution des revenus tirés de la rente, qui permet aux dirigeant d’asseoir leur pouvoir.
Il en va de soi que la stabilité dans cette région dépend énormément des fluctuations du cours des matières premières sur le marché mondial. Les pouvoirs se renforcent pendant l’embellie ou la hausse de matières premières, au moment des découvertes des gisements des matières 1ères, en l’occurrence le pétrole au Tchad, au Burundi, en Centrafrique, en RD Congo..Les accalmies observées, restent fragiles et temporaires aussi longtemps que les fluctuations des cours des matières 1ères restent positives.
Malgré les mesures adoptées de l’extérieur en l’occurrence la Banque mondiale pour le contrôle du pétrole du Tchad, les États-Unis pour le contrôle des minerais en RdCongo, Kimberley Process pour le diamant dans les zones des conflits ; il s’avère que ces mesures restent limitées parce que, venant de l’extérieur, ne servent qu’a alimenter les contradictions et la dichotomie entre les multinationales de plus en plus puissantes et les pouvoirs en place corrompus et dictatoriaux.
Faudrait-il, pour les africains, de penser peut-être, un autre mode de développement basé sur les produits non rentiers, agricoles locaux pour freiner ce cercle vicieux où la longévité des pouvoirs politiques ne dépend que de la rentabilité économique des multinationales étrangères. Et la population…., « Allez vous faire foutre ».
Kilosho Barthélemy
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